S’interroger sur l’innovation et la diversité dans l’entrepreneuriat social, avec NWC et PLACE


Dans le cadre du Marathon d’Anna Lindh Foundation pour un dialogue culturel, New Women Connectors a organisé une table ronde le 2 juin 2021 interrogeant la place de la diversité culturelle et de l’égalité de genre dans le domaine de l’innovation social et de l’entrepreneuriat.




Kristina Vayda, Déléguée générale de FAIRE, a eu le plaisir d’y être conviée aux côtés de Charlotte Hochman, fondatrice de Wow!Labs, PLACE et la Ruche et de Aurora Ballesteros, coach holistique en Norvège. Ensembles, avec Yvette Ruzibiza dans le rôle de modératrice, elles se sont demandé comment encourager l’innovation et la diversité dans le domaine de l’entrepreneuriat social.


L’entrepreneuriat social, une notion à redéfinir :


Qu’est-ce que le terme de social sous-tend? La notion de social ne doit pas être limitée dans sa définition et revêt aujourd’hui plusieurs formes. L’étiquette social peut être accordée à des entreprises qui mettent l’humain au centre, en donnant par exemple des opportunités d’emploi à des populations qui ont plus de mal à se lancer sur le marché du fait de leurs expériences de vies.


Charlotte Hochman de son côté, exprime un mal-être concernant la notion d’entrepreneuriat social.La notion est selon elle ambivalente car elle déplace la responsabilité sur certains individus qui seraient «sociales» et d’autres qui ne le seraient pas. Tout le débat sur l’entrepreneuriat social depuis qu’il existe limite la responsabilité de ceux qui ne s’estiment pas de l’entrepreneuriat social.Or aujourd’hui, les entreprises ne peuvent plus ignorer l’impact social et environnemental de leurs activités. L’entrepreneuriat social n’est pas un métier, c’est une question de responsabilité individuelle et organisationnelle dans chaque secteur d’activité et métier.


Penser une innovation responsable, intersectorielle et challenge driven :


Longtemps restreint au secteur des nouvelles technologies, l’innovation doit être aujourd’hui conçue dans une optique plus large alors qu’il est possible d’innover dans tous les domaines. Parallèlement, l’innovation doit connaitre sa limite et prendre en compte les variables du système dans lequel elle prétend innover, sinon elle risque de créer des dommages. A cette fin, le monde de l’innovation doit interagir avec une variété de disciplines et d’acteurs. Des équipes diversifiées, plus représentatives de la société et de ses dynamiques sociales et humaines, sont un préalable à une innovation responsable pleinement consciente de la réalité sociale.


Les panélistes s’accordent à dire que l’innovation n’a de sens que si elle est challenge driven, c’est-à-dire qu’elle essaye de trouver un moyen plus efficace et égalitaire de répondre à des besoins exprimés ou pas encore identifiées. Mais pour Aurora Ballesteros, l’innovation n’est pas la seule option. Parfois, ajouter de la valeur à un projet en collaborant ou en travaillant en synergie avec des personnes qui connaissent mieux le terrain vaut mieux qu’innover à tout prix.


La diversité, une composante essentielle à l’innovation et l’entrepreneuriat social :


Le manque de diversité dans les entreprises reste un sujet tabou alors que, selon une étude publiée par Indeed en 2021, plus de 35% des Français évincent le sujet de la diversité en entreprise. Pourtant, les entreprises auraient tout intérêt à encourager la diversité culturelle au sein de leurs équipes car les personnes aux parcours migratoires ont des forts potentiels d’innovation pour deux raisons. Tout d’abord, ils offrent des réponses innovantes aux défis et blocages d’un système grâce à leurs expériences qui leurs donnent un autre regard sur les processus et/ou services actuels/dans leur pays hôte. De plus, l’expérience et les qualités que l’on développe d’une expérience d’immigration (la résilience, la créativité, le problème solving) sont essentielles pour innover. L’intelligence du vécu permet une innovation qui répond à des défis qui ne sont pas forcément identifiés par les acteurs de l’innovation.


Il est primordial d’instaurer plus de diversité au sein des entreprises, d’autant plus que les personnes qui ont le plus haut potentiel d’innovation sont ceux qui ont du mal à s’auto définir comme entrepreneur et comme innovateur, c’est-à-dire les femmes, les minorités et les personnes issues de la migration.


L’innovation et l’entrepreneuriat n’est pas l’affaire de quelqu’un d’autre. N’attendez pas une étiquette d’entrepreneur ou d’innovateur, inventer votre propre étiquette!


Vous pouvez retrouver toute la conférence ici: https://www.youtube.com/watch?v=orUa20fexxI